Psychanalyse et déconstruction (3e année)

Capron Francis

Par sa lecture de Freud, Jacques Derrida affirme que la psychanalyse possède en elle- même une puissance révolutionnaire en interrogeant la souveraineté du sujet. En sa qualité de philosophe, il se dit donc l'ami comme l'héritier de la psychanalyse, mais d'une amitié élevée à une exigence, celle de lire le texte psychanalytique en l’inaugurant d'un double geste : marquer ou remarquer (chez Freud comme chez Lacan) une ressource qui n'avait pas été lue et du même coup soumettre le texte à une lecture déconstructive. Il résulte de cette lecture que la psychanalyse - parce qu'elle est, comme tous les lieux de la pensée, soumise à l'emprise de la tradition métaphysique - serait exposée au risque d'une sédimentation sclérosante.
A la lumière de cet éclairage nous revisiterons donc avec Jacques Derrida certains concepts clefs de la psychanalyse comme celui de l'autorité du langage et la question du sens, ce qu'il en est du rêve, de sa langue comme de son interprétation, ou encore de la destination de la lettre qui sans origine assignable manque toujours d'arriver. Cette question de la divisibilité de la lettre ferait rappel de celle de l’analyse comme processus interminable du fait d’absence d’éléments indivisibles ou d’origine simple. Telle serait cette vérité sans vérité qu’une philosophie de la déconstruction adresserait à la psychanalyse.
Et si cela s’avérait juste pour la psychanalyse, philosopher deviendrait l’urgence même.

Francis CAPRON 22 rue de Turin 75008 Paris
Tél. 06 07 24 29 98 francis.capron@wanadoo.fr

Le séminaire aura lieu les lundis 6 novembre et 18 décembre 2017 puis les lundis 29 janvier, 12 mars, 14 mai
et 18 juin 2018, de 20h30 à 22h30.
12 rue de Bourgogne, 75007 Paris

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