Espace analytique est une association de formation psychanalytique et de recherches freudiennes, fondée en 1995 par Maud Mannoni avec un groupe de psychanalystes issus du CFRP, formés à l’enseignement de Jacques Lacan, Françoise Dolto ainsi que Maud et Octave Mannoni. Toute l’année s’y déroulent des enseignements et séminaires, chaque soir de la semaine ainsi que le samedi, et des colloques et journées d’études ont lieu régulièrement.

Éditorial, janvier 2016

L’événement adolescent au regard de la psychanalyse

Texte des conclusions prononcées par Christian Hoffmann aux Journées d’Espace analytique “L’événement adolescent au regard de la psychanalyse”, le 6 décembre 2015. Les conclusions prononcées par Gisèle Chaboudez, présidente d’Espace analytique, figurent à la suite de ce texte.

 

Avec Didier Lauru et nos collègues psychanalystes de toutes les écoles, de la SPP à l’École de la cause freudienne, qui travaillent sur l’adolescence contemporaine, nous avons tenté une lecture du malaise adolescent contemporain. Ainsi, à partir de l’apport essentiel de Philippe Gutton, nous avons développé l’articulation entre la théorie de la jouissance de Lacan et sa théorie du désir, une théorie où le manque occupe la place centrale, autant dans la jouissance que pour le désir. C’est entre la logique du tout de l’universel et celle du pas-tout du particulier que s’introduit dans le rapport à la castration « le manque, la faille, le désir »[1], ce manque que Lacan appelle l’objet a.  

Le désir peut ainsi s’allier à la jouissance parce que « La castration, ça veut dire que tout laisse à désirer »[2]. Ce que l’on peut traduire ainsi : tout laisse à désirer à condition que la castration introduise le manque dans la jouissance.

En somme, comme nous le voyons à travers la lecture de Totem et Tabou, s’autoriser du nom du père pour se servir de son sexe revient à s’autoriser chacune et chacun de la castration de son rapport identificatoire au phallus, en assumant son manque au cœur de notre être.

On s’autorise ainsi d’un désir qui s’est affranchi de son narcissisme en payant sa dette d’être au narcissisme. Et le phallus devient ainsi le symbole d’un manque, au prix du renoncement au narcissisme de l’image phallique. 

 

[1] Lacan, Le séminaire…ou pire, Seuil, 2011, p. 207-208

[2] Ibid., p. 208

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