Espace analytique est une association de formation psychanalytique et de recherches freudiennes, fondée en 1995 par Maud Mannoni avec un groupe de psychanalystes issus du CFRP, formés à l’enseignement de Jacques Lacan, Françoise Dolto ainsi que Maud et Octave Mannoni. Toute l’année s’y déroulent des enseignements et séminaires, chaque soir de la semaine ainsi que le samedi, et des colloques et journées d’études ont lieu régulièrement.

septembre 2017

Éditorial

Une nouvelle année va commencer à Espace analytique, avec de nombreuses perspectives. Le mois de juin a vu se confi rmer la mobilisation des associations de psychanalystes en vue de manifester leur grande préoccupation à propos de la quasi disparition institutionnelle de la psychanalyse que l’on peut observer dans les universités, les hôpitaux, les centres médico-sociaux. Une lettre a été adressée au ministère de la Santé par le Groupe de Contact, avec la signature de douze associations de psychanalyse, faisant part de ce souci et objectant aux différents discours et contre-vérités répandus ces dernières années à l’encontre de la psychanalyse en général, et de ses prises en charge de l’autisme en particulier. Cette lettre comportait un dossier des manques problématiques actuels avec des réponses des psychanalystes aux critiques qui leur ont été faites, par exemple quant à un « refus » d’évaluer « scientifi quement » leurs résultats, montrant que ce n’est pas le cas. L’évolution des secteurs psychiatriques, médico-sociaux et universitaires, entre autres, se ressent massivement de cette disparition de l’infl uence psychanalytique et de ses effets dans des pratiques qui tiennent de moins en moins compte de la subjectivité, ce dont nos journées sur La psychanalyse et les nouvelles directions de la psychiatrie avaient dressé un bilan préoccupant. Parallèlement à ces contacts avec les pouvoirs publics, le groupe STOP DSM poursuit ses débats publics, dont l’audience ne cesse de croître et dont le prochain se tiendra le 13 octobre. Et un groupe d’experts se constitue actuellement pour commencer à rédiger un rapport sur « La place de la psychanalyse dans la santé mentale », auquel on peut participer en contactant Patrick Landman. Ces différentes actions et réfl exions vont se poursuivre, où les psychanalystes demandent une polyvalence des références et des participations dans l’organisation des institutions susceptibles de bénéfi cier de l’apport psychanalytique, loin d’exiger une exclusivité ou une prééminence, comme cela leur est imputé. Lorsqu’on accuse la psychanalyse d’avoir été « hégémonique », c’est pour réclamer sa disparition. La psychanalyse œuvre loin du tout qui lui est imputé, mais ne saurait se satisfaire du rien que désormais on lui impose.

Lire la suite »